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Évaluation du Manifeste électronique

Rapport final

Juillet 2024

Division de l’évaluation des programmes, Direction de la vérification interne et de l’évaluation des programmes

Table des matières

Aperçu de l’initiative du Manifeste électronique

L’initiative du Manifeste électronique a été mise en œuvre afin de moderniser et de simplifier le processus du secteur commercial de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC ou « l’Agence »). L’initiative a permis d’élargir les travaux de base établis dans le cadre de l’initiative Information préalable sur les expéditions commerciales (IPEC) de l’Agence et d’achever la transition des processus traditionnels sur papier à un processus automatisé[1].

L’initiative du Manifeste électronique a été réalisée dans le cadre d’un projet lancé en 2006-07 et clos en 2018-19. L’initiative visait à apporter graduellement au fil du temps des changements aux programmes, aux politiques et aux lois, afin d’obliger, en vertu de la loi, les partenaires de la chaîne commerciale (PCC) à soumettre des renseignements commerciaux à l’ASFC par voie électronique et avant l’arrivée des marchandises au Canada. Le projet comprenait également l’élaboration de composantes et de fonctionnalités de systèmes de technologie de l’information (TI) pour permettre la transmission électronique, l’entreposage et la récupération de données afin d’évaluer les risques liés aux expéditions commerciales dans tous les modes de transport.

Avant la mise en œuvre du Manifeste électronique, les PCC (c.-à-d. les transporteurs et les agents d’expédition) étaient en mesure de transmettre l’information préalable à l’arrivée par voie électronique dans les modes maritime, aérien et ferroviaire, mais pas dans le mode routier[2]. La mise en œuvre du Manifeste électronique a permis de combler les lacunes dans le mode routier et, en 2021, a rendu obligatoire la transmission par voie électronique des données commerciales préalables à l’arrivée pour les transporteurs et les agents d’expédition dans tous les modes. Un calendrier des événements est présenté ci-après. Les principales définitions se trouvent à l’annexe C.

En 2018-19, l’initiative du Manifeste électronique est passée d’un projet à une composante fonctionnelle du processus du secteur commercial et relève maintenant de l’autorité fonctionnelle de la Direction générale du secteur commercial et des échanges commerciaux (DGSCEC). À l’état final, le Manifeste électronique devrait donner les résultats suivants :

  1. Amélioration de l’évaluation des risques (puisque les données commerciales préalables à l’arrivée électroniques permettent à l’ASFC de déterminer et de cibler les expéditions à risque élevé)
  2. Traitement de première ligne plus rapide et efficace pour les échanges commerciaux
  3. Réduction du fardeau administratif pour les entreprises

Ces résultats attendus s’harmonisent avec les avantages attendus du projet du Manifeste électronique (consulter l’annexe D pour les énoncés des avantages attendus originaux).

Sommaire : Calendrier des événements clés du Manifeste électronique

2004 et 2005 (avant le Manifeste électronique)
Phase I et II de l’IPEC : Transmission électronique des données préalables à l’arrivée obligatoire dans les modes aérien et maritime pour les transporteurs (mais pas pour les agents d’expédition).

2006
Première présentation au Conseil du Trésor (CT) pour le Manifeste électronique

2015
Jalon du Manifeste électronique : Transmission électronique des données préalables à l’arrivée obligatoire dans les modes ferroviaire et routier pour les transporteurs (mais pas pour les agents d’expédition)

2016
Deuxième présentation au CT pour le Manifeste électronique

2019
Clôture du projet du Manifeste électronique

Décembre 2021
Jalon du Manifeste électronique : Transmission électronique des données préalables à l’arrivée obligatoire pour les agents d’expédition dans tous les modes

Élaboration des composantes de TI du Manifeste électronique permettant l’échange de données électronique dans le mode routier[3]

2011
Le portail du Manifeste électronique est accessible aux utilisateurs finaux

2015
Le Système commercial d’évaluation des menaces (SCEM) est accessible aux utilisateurs finaux

2019
Le système Passage commercial (CPSG) est accessible au comptoir (fonctionnalité limitée)

2023 et années suivantes

Jalon : L’ASFC reçoit maintenant les données préalables à l’arrivée par voie électronique de toutes les parties requises dans tous les modes

Remarque : Compte tenu de l’importance du jalon de décembre 2021, on présentera souvent dans l’évaluation les répercussions du Manifeste électronique au moyen des changements observés avant et après cette date, bien que les changements aient été mis en œuvre au fil du temps jusqu'à cette date.

Capacités et intervenants clés du Manifeste électronique

Le Manifeste électronique permet d’appuyer les capacités suivantes du processus commercial :

Intervenants clés de l’ASFC (Manifeste électronique – état stable) :

Bureau de première responsabilité : DGSCEC

Utilisateurs finaux : Direction générale du renseignement et de l’exécution de la loi (DGREL) et régions

Direction générale de l’information, des sciences et de la technologie (DGIST) :

Portée et méthodes de l’évaluation

Portée de l’évaluation

Hors de la portée

Résultats attendus évalués :

  1. Amélioration de l’évaluation des risques ;
  2. Traitement de première ligne plus rapide et efficace pour les échanges commerciaux ; et
  3. Réduction du fardeau administratif pour les entreprises (évaluation limitée).

Sources de données utilisées :

Données opérationnelles et financières, consultations au sein de l’Administration centrale (AC), questionnaire régional, scénarios opérationnels, analyse documentaire et examen des mesures du rendement du projet.

Consulter l’annexe D pour de plus amples renseignements sur la méthodologie et les limites de l’évaluation.

Couverture de l’évaluation :

L’évaluation porte sur cinq exercices, soit de 2018-19 à 2022-23.

Considérations et limites relatives à l’évaluation

Considérations générales :

Limites et considérations relatives à l’évaluation de l’efficience

Considérations et limites relatives aux données

Constatations générales

La mise en œuvre du Manifeste électronique s’harmonisait aux efforts en matière de numérisation et de modernisation de l’ASFC et du gouvernement du Canada, et le passage à la soumission de données par voie électronique était nécessaire. Bien qu’il faudra plus de temps pour déterminer les véritables répercussions du Manifeste électronique, les contributions et les points à améliorer suivants ont été relevés.

Malgré certains défis, le Manifeste électronique continue d’être utile à l’Agence puisqu’il constitue le fondement du développement continu des capacités et des fonctionnalités nécessaires à un traitement dans le secteur commercial efficace et efficient. Deux recommandations sont présentées pour combler les lacunes existantes et améliorer la réalisation des résultats attendus.

Recommandation 1 et constatations connexes

Il existe une compréhension fragmentée du Manifeste électronique et des rôles et responsabilités peu clairs pour la réalisation des résultats et le suivi du rendement

Selon le rôle et l’interaction des intervenants de l’Agence en ce qui a trait au Manifeste électronique, leur définition du Manifeste électronique varie. Cela pourrait contribuer à l’absence de consensus à l’échelle de l’Agence sur les aspects du Manifeste électronique qui fonctionnent bien et sur les domaines qui nécessitent des améliorations.

De plus, l’évaluation a révélé que les rôles et les responsabilités relatifs au Manifeste électronique en tant que composante fonctionnelle du programme du secteur commercial n’ont pas été mis à jour en vertu du modèle de gestion fonctionnelle (MGF) de l’Agence, ce qui a entraîné des lacunes en matière de gouvernance et de responsabilisation en ce qui a trait aux résultats, à la mesure du rendement et à la production de rapports. L’Agence continue d’utiliser les indicateurs de rendement clés (IRC) élaborés pour le projet du Manifeste électronique ; des IRC pour le Manifeste électronique à l’état stable n’ont pas été élaborés.

Un mécanisme de surveillance et de production de rapports sur les résultats continus du Manifeste électronique est nécessaire. Des IRC relatifs au Manifeste électronique pour tous les modes sont nécessaires pour déterminer si l’évaluation des risques et les efforts de ciblage à l’aide des données du Manifeste électronique contribuent efficacement aux objectifs de l’Agence.

Recommandation 1 :

Afin d’assurer une compréhension uniforme du Manifeste électronique et de ses résultats, la vice-présidente (VP) de la DGSCEC devrait élaborer et communiquer une stratégie de mesure du rendement pour le Manifeste électronique, soit en l’intégrant au cadre de mesure du rendement du programme du secteur commercial existant, soit en tant que cadre autonome. La stratégie devrait comprendre ce qui suit :

Recommandation 2 et constatations connexes :

Il existe des lacunes sur le plan des fonctionnalités dans les nouveaux systèmes élaborés dans le cadre du Manifeste électronique

La mise en œuvre du Manifeste électronique a permis de combler les lacunes en matière d’évaluation des risques dans les modes routier et ferroviaire en ajoutant des fonctionnalités de système là où elles n’existaient pas auparavant. L’ASFC a mis en œuvre une architecture de TI complexe et ajouté des fonctionnalités aux systèmes existants et élaboré de nouveaux systèmes.

Bien que les nouveaux systèmes aient été conçus à l’origine pour permettre l’évaluation des risques et le ciblage dans tous les modes, la fonctionnalité d’interface d'évaluation des risques pour l'utilisateur final dans les modes aérien et maritime a été reportée et demeure en attente de livraison. Par conséquent, le CNC continue de s’appuyer sur les anciens systèmes pour l'évaluation des risques et le ciblage dans les modes maritime et aérien, en utilisant des solutions de rechange inefficaces. L'incapacité d'évaluer l'efficacité de l'évaluation des risques et des efforts de ciblage constitue une autre limite du système en raison du changement du périmètre du projet, ne permettant pas ainsi de « fermer le compte » des résultats de l'examen dans le secteur commercial.[5]

Des lacunes similaires en matière de fonctionnalité avaient déjà été constatées au sein de l’Agence, mais elles n’ont pas été entièrement résolues, et les utilisateurs finaux des systèmes du Manifeste électronique continuent de rencontrer des difficultés. La DGSCEC et la DGIST ont fait remarquer que l’on prévoit élaborer d’autres composantes et fonctionnalités au sein des nouveaux systèmes ; toutefois, aucun échéancier n’a été établi pour l’achèvement de ces travaux.

Recommandation 2 :

Le VP de la DGSCEC, en collaboration avec les VP de la DGREL et de la DGIST devraient élaborer et communiquer un plan d’action assorti d’un échéancier clair pour l’ajout de fonctionnalités destinées aux utilisateurs finaux aux systèmes du Manifeste électronique. Les fonctionnalités prises en considération devraient:

Le plan doit être réaliste et réalisable en tenant compte des besoins, des priorités et des solutions de rechange en matière de système d’information.

Réponse et plan d’action de la direction (RPAD)

Recommandation 1 : Élaborer et communiquer une stratégie de mesure du rendement pour le Manifeste électronique, y compris une définition claire du Manifeste électronique et des rôles et des responsabilités clairement définis.

Réponse de la direction : La VP de la DGSCEC est d'accord avec la recommandation d'élaborer et de communiquer une stratégie de mesure du rendement pour le Manifeste électronique. Les consultations connexes de la DGSCEC avec les intervenants concernés, notamment les régions, la DGIST et la DGREL, seront dirigées par le Groupe de travail sur le Manifeste électronique et devraient être achevées à l’intérieur des 9 mois suivant la troisième mise en production (« 3ième MeP ») de la Gestion des cotisations et des recettes de l'ASFC (GCRA) et mèneront à : l’élaboration et l’adoption d’une définition claire et détaillée du Manifeste électronique, qui comprendra les rôles et responsabilités connexes ; ainsi que l'élaboration d'une stratégie de mesure du rendement du Manifeste électronique avec des IRC. La stratégie de mesure du rendement sera élaborée pour s'aligner sur le développement des données de rendement et de la capacité de production de rapports du Manifeste électronique, afin de garantir que les résultats par rapport aux IRC peuvent être suivis et mesurés.

Cet exercice aboutira à une structure de gouvernance claire pour le Manifeste électronique, fournissant une surveillance et des conseils sur tous les aspects de l'initiative, en tenant compte de l'intégration avec la gouvernance de la GCRA compte tenu des interdépendances de calendrier et de systèmes.

Ces éléments constitueront des composantes du plan d’action mentionné dans la recommandation 2.

Table 1 : RPAD pour recommandation 1
Plan d’action de la gestion Date d’achèvement Chef Soutien
1. Créer/établir un groupe de travail sur le Manifeste électronique le DGSCEC DGSCEC, les régions, DGREL, DGIST
2. Élaborer une structure de gouvernance pour un Manifeste électronique opérationnel et stable qui tient compte des interdépendances avec le GCRA, et diffuser un document de gouvernance décrivant les rôles et les responsabilités du cadre de référence/du Manifeste électronique et obtenir l’accord des bureaux d’intérêt secondaires (BIS) de l’ASFC le DGSCEC DGSCEC, les régions, DGREL, DGIST
3. Élaborer et diffuser une définition claire du Manifeste électronique, y compris une définition concise du Manifeste électronique lui-même et des détails sur les rôles et responsabilités clés et les résultats attendus le DGSCEC DGSCEC, les régions, DGREL, DGIST
4. En tirant parti des efforts actuels pour développer la capacité de production de rapports de l'Agence et de la nécessité de développer les données, établir une stratégie de mesure du rendement comprenant des IRC mis à jour reflétant les données disponibles, ainsi que des références individuelles et des outils pour mesurer chaque IRC Neuf mois après la 3ième MeP de la GCRA* DGSCEC DGSCEC, les régions, DGREL, DGIST, la Direction générale de la politique stratégique (DGPS), la Direction générale des finances et de la gestion organisationnelle (DGFGO)

*La 3ième MeP de la GCRA est actuellement prévue pour octobre 2024, donc l'achèvement des mesures de suivi est prévu pour le 31 juillet 2025.

Recommandation 2 : Élaborer et communique un plan d’action assorti d’un échéancier clair pour l’ajout de fonctionnalités destinées aux systèmes du Manifeste électronique.

Réponse de la direction :

Table 2 : RPAD pour recommandation 2
Plan d’action de la gestion Date d’achèvement Chef Soutien
1. Élaborer un plan exploitable pour ajouter des fonctionnalités de rapport et d’utilisateur final pour l'évaluation et le ciblage des risques dans tous les modes, y compris aérien et maritime. Neuf mois après la 3ième MeP de la GCRA DGSCEC DGSCEC, DGREL, DGIST, DGRH, DGPS

*La 3ième MeP de la GCRA est actuellement prévue pour octobre 2024, donc l'achèvement des mesures de suivi est prévu pour le 31 juillet 2025.

Annexes

Annexe A : Constatations détaillées

Aperçu des constatations

Pertinence

  1. Compréhension fragmentée
    • Constatation 1 : Il existe une compréhension fragmentée du Manifeste électronique parmi les intervenants de l’Agence, ce qui pourrait nuire à la collaboration et à l’efficacité.
  2. Rôles et responsabilités
    • Constatation 2 : Les rôles et les responsabilités en ce qui concerne le Manifeste électronique et ses résultats en tant que composante fonctionnelle du programme du secteur commercial ne sont pas clairs.

Atteinte des résultats

  1. Amélioration de l’évaluation des risques
    • Disponibilité des données
      • Constatation 3 : Le Manifeste électronique a accru la disponibilité des données commerciales préalables à l’arrivée électroniques utilisées pour l’évaluation des risques et entraîné la mise en place de contrôles de la qualité des données.
    • Fonctionnalités de TI
      • Constatation 4 : L’initiative du Manifeste électronique a ajouté des fonctionnalités de TI pour permettre l’évaluation des risques à l’aide de données préalables à l’arrivée dans les modes routier et ferroviaire.
    • Limites des fonctionnalités de TI
      • Constatation 5 : Les systèmes de TI élaborés dans le cadre de l’initiative du Manifeste électronique n’ont pas de fonctionnalités destinées à l’utilisateur final pour l’évaluation des risques dans les modes maritime et aérien.
  2. Traitement plus rapide et efficace dans le secteur commercial
    • Constatation 6 : Le Manifeste électronique contribue à un processus de première ligne plus rapide et efficace dans le secteur commercial pour le mode routier en réduisant le nombre de renvois au comptoir et en contribuant aux recommandations de mainlevée.
  3. Réduction du fardeau administratif pour les PCC
    • Constatation 7 : Le Manifeste électronique a donné lieu à certains avantages pour les PCC ; toutefois, il faut plus de temps pour que l’avantage lié à la réduction du fardeau administratif soit pleinement réalisé.
  4. Avantages inattendus
    • Constatation 8 : Le Manifeste électronique permet à l’Agence de recouvrer les pertes de revenus en officialisant le processus de suivi du fret afin d’assurer le paiement des droits et des taxes en souffrance.

Constatations détaillées

Pertinence

CONSTATATION 1 (compréhension fragmentée) : Il existe une compréhension fragmentée du Manifeste électronique parmi les intervenants de l’Agence, ce qui pourrait nuire à la collaboration et à l’efficacité.

Il y a un certain nombre d’intervenants de l’ASFC ayant divers rôles liés au Manifeste électronique :

Grâce à la consultation de nombreux intervenants et à l'examen de documents, l’évaluation a permis de constater des divergences dans la compréhension qu’ont les intervenants de ce qui constitue le « Manifeste électronique », ainsi que des divergences dans les perceptions quant à sa pertinence, à son efficacité et à son efficience. Des lacunes en matière de communication entre les intervenants du Manifeste électronique ont également été relevées. Ces facteurs pourraient nuire à la progression du Manifeste électronique en tant que composante opérationnelle et fonctionnelle du processus du secteur commercial, puisque les intervenants ne peuvent s’entendre sur ce qui fonctionne bien et sur ce qui doit être amélioré.

Selon le rôle et l’interaction des intervenants en ce qui concerne le Manifeste électronique, ils peuvent percevoir celui-ci comme étant :

Divers facteurs contribuent à la compréhension fragmentée du Manifeste électronique dans son état stable, y compris les suivants :

CONSTATATION 2 (rôles et responsabilités) : Les rôles et les responsabilités en ce qui concerne le Manifeste électronique et ses résultats en tant que composante fonctionnelle du programme du secteur commercial ne sont pas clairs.

Les rôles et les responsabilités non clairs en ce qui concerne le Manifeste électronique pourraient dater de sa transition de l’état de projet à l’état stable.

Lors de la clôture du projet du Manifeste électronique en 2018-19, l’Agence entreprenait un renouvellement organisationnel qui allait mener à l’adoption du MGF en 2019. La responsabilité du Manifeste électronique a été transférée peu de temps avant que d’importants changements soient apportés à la structure organisationnelle de l’ASFC, ce qui signifie que les responsabilités du Manifeste électronique ont été déléguées à des directions générales de l’ASFC qui n’existent plus aujourd’hui.

Dans le cadre de l’évaluation, nous n’avons trouvé aucune preuve qu’une structure de gouvernance mise à jour pour un Manifeste électronique opérationnel à l’état stable a été élaborée à la suite de l’adoption du MGF et de la création de la DGSCEC. Par conséquent, aucun intervenant unique au sein de l’ASFC ne veille actuellement à ce que la mise en œuvre du Manifeste électronique soit optimisée afin d’améliorer l’efficacité et l’efficience du processus du secteur commercial de l’Agence, y compris le suivi et la production de rapports sur les résultats en matière de rendement.

Au cours de la phase de projet du Manifeste électronique, les rôles et les responsabilités n’étaient pas toujours clairs :

Source : Examen postérieur à la mise en œuvre du Manifeste électronique - Leçons apprises (Interis|BDO pour l’ASFC, mai 2018) – document interne disponible en anglais uniquement

Les mesures du rendement ne permettent pas de rendre compte des résultats attendus du Manifeste électronique à l’état stable :

À la suite de la clôture du projet, le rendement du Manifeste électronique n’a pas été surveillé en tant que composante fonctionnelle du programme du secteur commercial. Des IRC pour le Manifeste électronique à l’état stable n’ont pas été élaborés.

Le rendement du Manifeste électronique continue plutôt d’être évalué en fonction des résultats et des IRC établis initialement pour le projet du Manifeste électronique (consulter l’annexe C). Par exemple, les mesures existantes sont axées sur la mesure des résultats obtenus dans les modes routier et ferroviaire seulement, alors que les données commerciales préalables à l’arrivée sont utilisées pour l’évaluation des risques dans tous les modes.

L’Agence pourrait s’appuyer sur certains indicateurs de son Cadre ministériel des résultats pour évaluer le rendement du Manifeste électronique, notamment :

Atteinte du résultat attendu 1 : Amélioration de l’évaluation des risques

CONSTATATION 3 (Disponibilité des données) : Le Manifeste électronique a accru la disponibilité des données commerciales préalables à l’arrivée électroniques utilisées pour l’évaluation des risques et entraîné la mise en place de contrôles de la qualité des données.

Disponibilité des données accrue :

L’une des principales réalisations du Manifeste électronique a été l’adoption d’une loi obligeant les transporteurs à soumettre des renseignements commerciaux préalables à l’arrivée par voie électronique dans les modes routier et ferroviaire, et les agents d’expédition à soumettre ces renseignements dans tous les modes. Par conséquent, le volume de données préalables à l’arrivée soumises par voie électronique a augmenté depuis la mise en œuvre du Manifeste électronique. Une ventilation par mode montre qu’en 2021-22, près de 100 % des données préalables à l’arrivée étaient soumises par voie électronique dans tous les modes :

Table 3 : Ventilation par mode préalables des données soumises par voie électronique
Mode 2018-19* 2019-20 2020-21 2021-22** 2022-23
Aérien 99,6 % 99,6 % 98,8 % 100,0 % 100,0 %
Maritime 76,9 % 78,2 % 89,9 % 99,6 % 99,9 %
Routier 98,9 % 99,2 % 99,5 % 99,7 % 99,8 %
Ferroviaire 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 % 100,0 %

*Clôture du projet du Manifeste électronique

**Données préalables à l’arrivée électroniques obligatoires pour les transporteurs et les agents d’expédition dans tous les modes

Les données sur le nombre de soumissions de données préalables à l’arrivée de 2018-19 à 2022-23 montrent une augmentation du nombre de soumissions par voie électronique et une diminution du nombre de soumissions sur papier chaque année, ce qui fait que 99,8 % des données préalables à l’arrivée ont été transmises par voie électronique au moyen des options de service du Manifeste électronique en 2022-23 :

Table 4 : Taux de nombre de soumissions électronique de données préalables par exercice
Exercice Électronique Papier Pourcentage électronique
2018-19 17 101 637 258 244 98,5 %
2019-20 15 672 114 194 480 98,8 %
2020-21 16 384 618 124 456 99,2 %
2021-22 19 634 169 62 237 99,7 %
2022-23 20 561 693 43 802 99,8 %

Contrôles de la qualité des données rendus possibles grâce à l’environnement électronique

Grâce à la numérisation du processus de soumission des données et à la normalisation des exigences pour les PCC, le Manifeste électronique a introduit des fonctionnalités de contrôle de la qualité comme les validations automatiques des champs, le nettoyage des données (correction des erreurs et des incohérences dans un ensemble de données pour en améliorer la qualité) et d’autres fonctions de TI (c.-à-d. la vérification automatisée de l’identité et la résolution de l’adresse).

De plus, le projet du Manifeste électronique a introduit une exigence législative de soumission des données préalables à l’arrivée par voie électronique, qui a permis à l’ASFC d’imposer des sanctions administratives pécuniaires (SAP) dans les cas où il y a des préoccupations en matière de qualité des données, y compris lorsque des données préalables à l’arrivée soumises sont fausses, inexactes ou incomplètes (codes de SAP : C382, C387, C381).

En ce qui concerne le mode routier, les PCC ne sont tenus de soumettre les données préalables à l’arrivée par voie électronique qu’une heure avant l’arrivée du moyen de transport au Canada. Le CNC a souligné qu’il s’agissait d’un défi, puisqu’il lui est impossible d’analyser toutes les données avant l’arrivée du moyen de transport au Canada. Ainsi, bien que le Manifeste électronique ait accru la disponibilité des données commerciales préalables à l’arrivée, il n’a pas toujours permis d’accroître l’utilité des données pour l’évaluation des risques.

CONSTATATION 4 (Fonctionnalités de TI) : L’initiative du Manifeste électronique a ajouté des fonctionnalités de TI pour permettre l’évaluation des risques à l’aide de données préalables à l’arrivée dans les modes routier et ferroviaire.

Selon la présentation au CT sur le Manifeste électronique de 2016, l’initiative visait à élaborer de multiples composantes liées aux programmes et à la TI pour veiller à ce que l’évaluation des risques pour toutes les marchandises commerciales dans tous les modes puisse être effectuée avant l’arrivée des marchandises au Canada. Pour ce faire, l’ASFC a mis en œuvre une architecture de TI complexe composée de plus de 19 systèmes dorsaux, de systèmes destinés aux utilisateurs finaux et d’autres produits de TI au moyen de plus de 20 diffusions depuis 2008. Des fonctionnalités ont été ajoutées aux systèmes existants (anciens systèmes) de l’ASFC et de nouveaux systèmes ont été élaborés.

Anciens systèmes mis à profit dans le cadre de l’initiative du Manifeste électronique

Nouveaux systèmes élaborés dans le cadre de l’initiative du Manifeste électronique

Le SCEM et le CPSG sont deux des nouveaux systèmes élaborés dans le cadre du Manifeste électronique, et les deux sont maintenant utilisés par le CNC, dans une certaine mesure, pour l’évaluation des risques avant l’arrivée et le ciblage dans les modes routier et ferroviaire. Avant leur élaboration, le CNC n’effectuait pas d’évaluation des risques et de ciblage à l’aide de données préalables à l’arrivée électroniques dans les modes routier et ferroviaire.

CONSTATATION 5 (Limites des fonctionnalités de TI) : Les systèmes de TI élaborés dans le cadre de l’initiative du Manifeste électronique n’ont pas de fonctionnalités pour l’utilisateur final pour l’évaluation des risques dans les modes maritime et aérien.

Bien que le projet du Manifeste électronique visait à l’origine à permettre l’évaluation des risques et le ciblage avant l’arrivée dans le secteur commercial pour tous les modes. Néanmoins, la finalisation de la fonctionnalité de l'interface utilisateur dans les modes aérien et maritime a été différée, et sa livraison reste à venir. En raison de ce report, le CNC effectue son évaluation des risques avant l’arrivée dans le secteur commercial pour les modes aérien et maritime au moyen de TITAN, un ancien système. Bien que des intervenants de la DGSCEC et la DGIST aient indiqué que des plans existaient en vue de l’élaboration de ces fonctionnalités dans le SCEM et le CPSG (des systèmes du Manifeste électronique), aucun échéancier précis n’a été établi pour leur réalisation. Bien que TITAN continuera d’être pris en charge jusqu’à ce que de nouvelles fonctionnalités soient pleinement mises en œuvre, les intervenants du CNC ont soulevé des préoccupations concernant la fiabilité de TITAN, qui sont examinées plus en détail à la page suivante [6].

Le tableau ci-dessous présente les fonctionnalités de l’ensemble du continuum d’évaluation des risques pour les données préalables à l’arrivée, résumant toutes les capacités actuelles accessibles par l’intermédiaire des composantes de TI du Manifeste électronique nouvellement élaborées. Comme illustré, le Manifeste électronique permet l’acquisition et le stockage des données préalables à l’arrivée ainsi que l’application d’une évaluation des risques automatisée pour celles-ci dans tous les modes. Toutefois, le Manifeste électronique permet d’appuyer la capacité d’évaluation des risques par le CNC uniquement dans les modes routier et ferroviaire seulement. Cette capacité est mise à l’essai en cours dans trois points d’entrée [7]. De plus, les fonctionnalités liées à la communication des renvois à la première ligne et à la fermeture du compte en ce qui concerne les résultats des examens sont seulement disponibles pour le mode routier. Le CNC utilise aussi le système Gestion des références et inspections douanières (GRID) développé à l’interne, lequel se fonde sur les données du Manifeste électronique stockées dans l’entrepôt de données électroniques. De plus amples renseignements sur les fonctionnalités par mode sont présentés à l’annexe C.

Table 5 : Fonctionnalités de l’ensemble du continuum d’évaluation des risques pour les données préalables à l’arrivée
  Acquisition de données préalables à l’arrivée Entreposage de données (stockage) Fonctionnalité d’établissement automatisé des risques (création d’avis de surveillance, etc.) Évaluation des risques pour les données préalables à l’arrivée par le CNC Examen et décisions par l’utilisateur (p. ex., renvois communiqués au point d’entrée) Capacité de rapports (p. ex. fermer le compte)
Aérien Fonctionnalité disponible Fonctionnalité disponible Fonctionnalité disponible La fonctionnalité pour l’utilisateur final non disponible dans les nouveaux systèmes ; l’Agence utilise les options des anciens systèmes et des solutions de rechange (TITAN) La fonctionnalité pour l’utilisateur final non disponible ; des solutions de rechange sont utilisées Fonctionnalité non disponible
Maritime
Routier Fonctionnalité disponible dans les nouveaux systèmes, mais toujours en cours de mise à l’essai Fonctionnalité disponible dans les nouveaux systèmes Fonctionnalité disponible dans les nouveaux systèmes, mais toujours en cours de mise à l’essai
Ferroviaire Fonctionnalité partiellement disponible dans les nouveaux systèmes Fonctionnalité non disponible

Évaluation des risques inefficace en raison des fonctionnalités limitées

En raison de l’absence de fonctionnalités pour l’utilisateur final dans le SCEM et le CPSG, TITAN continue d’être utilisé par le CNC pour évaluer les risques dans les modes maritime et aérien. Puisqu’il s’agit d’un ancien système, TITAN n’a pas été conçu pour traiter efficacement les données du Manifeste électronique dans le format reçu. Par conséquent, le CNC a mis en œuvre des solutions de rechange pour mener les activités d’évaluation des risques et de ciblage, mais a fait remarquer que ces solutions de rechange ne sont ni durables ni efficaces. Les exemples d’inefficacités soulignés par les intervenants comprennent les suivants :

De plus, le CNC a indiqué que l’évaluation des risques dans le mode routier à l’aide des fonctionnalités du SCEM et du CPSG fait l’objet d’un projet pilote dans trois points d’entrée, ce qui pose de nouveaux défis. [8]

Incapacité d’évaluer l’efficacité de l’évaluation des risques

La fonctionnalité de production de rapports est limitée dans tous les systèmes, ce qui empêche l’ASFC de fermer le compte en ce qui concerne les résultats des examens dans les modes aérien, maritime et ferroviaire (c.-à-d. pour indiquer si les renvois du CNC aux fins d’examen ont entraîné ou non des saisies). Cela limite la capacité de l’Agence de déterminer l’efficacité de l’évaluation des risques et des efforts de ciblage actuels au sein du programme du secteur commercial dans son ensemble, y compris le Manifeste électronique en tant que composante du processus.

Retrait de la portée report éléments sans consultations suffisantes

Un examen postérieur à la mise en œuvre du projet du Manifeste électronique a mis en lumière le manque de participation adéquate des intervenants aux décisions relatives au retrait de la portée de capacités clés des nouveaux systèmes :

« Le projet a été restructuré en 2014 et le VP de la Direction générale des programmes a été désigné comme promoteur. Cela a permis de clarifier la prise de décisions, mais a donné l’impression aux intervenants clés de la Direction générale des opérations qu’ils n’ont pas été consultés adéquatement au sujet des décisions clés, p. ex. en ce qui concerne la modification de la portée du projet et le report de la fonctionnalité clé d’évaluation des risques. »

Source : Examen postérieur à la mise en œuvre du Manifeste électronique - Leçons apprises (Interis|BDO pour l’ASFC, mai 2018) - document interne disponible en anglais uniquement

En raison des décisions relatives au report, lorsque le projet du Manifeste électronique a pris fin en 2018-19, il a donné lieu à la mise en place de nouveaux systèmes qui ne comprenaient pas de fonctionnalités d’évaluation des risques dans les modes maritime et aérien.

Financement du projet et décisions clés au sujet de la portée jusqu’à la clôture du projet :

2006-07 : Approbation préliminaire de projet du CT pour un montant de 414,8 M$

2007-08 : Approbation définitive de projet du CT pour un montant de 415,1 M$

2015-16 : Révision et retrait de la portée de deux capacités initiales et report de la date d’achèvement du projet au mois de septembre 2017

2017-18 : Affectation immobilisée de 72,1 M$ (fonds permanents) débloquée par le CT jusqu’à la fin de 2021-21

2018-19 : Clôture du projet du Manifeste électronique et déblocage des fonds alloués par le CT pour trois années supplémentaires (jusqu’à la fin de 2023-24).

Des lacunes similaires en matière de fonctionnalités ont déjà été constatées au sein de l'Agence. Par exemple, en 2022, une liste des livrables nécessaires au Manifeste électronique a été établie en réponse aux lacunes constatées. Cependant, des lacunes dans les fonctionnalités destinées à l'utilisateur final n'ont pas encore été comblées.

Les perceptions des intervenants collectées pour cette évaluation et l’évaluation approfondie du financement de la DGSCEC ont souligné la nécessité de poursuivre l’élaboration d’une fonctionnalité d’évaluation des risques dans les modes aérien et maritime.

Pleins feux : sur les résultats initiaux positifs en matière d’évaluation des risques dans le mode routier

Comme il a été mentionné précédemment, la mise en œuvre du Manifeste électronique a permis de combler une lacune importante dans les capacités d’acquisition de données et d’évaluation des risques pour les modes routier et ferroviaire. Bien que le développement du SCEM, le système conçu pour l’évaluation des risques liés aux données du CNC, soit toujours en cours pour tous les modes, il est plus avancé et plus fonctionnel pour les capacités du mode routier.

L’équipe d’évaluation a analysé les données du CNC pour le mode routier au cours des quatre dernières années pour cerner les tendances. Cependant, les facteurs suivants ont limité la capacité de l’équipe d’évaluation de tirer des conclusions :

Le CNC a fait part de certaines exigences opérationnelles qui ne sont pas satisfaites à l’heure actuelle par le SCEM dans le mode routier et pour lesquelles des solutions de contournement inefficaces sont appliquées, notamment :

Pour en savoir plus, consultez l’annexe C.

Le ciblage dans le mode ferroviaire est une nouvelle activité du CNC qui fait présentement l’objet d’un projet pilote à petite échelle avant d’être mise en œuvre, mais il n’y a pas suffisamment de données dans la portée de l’évaluation pour analyser l’incidence de la mise en œuvre du Manifeste électronique dans ce mode.

Les données de 2019-20 à 2022-23 montrent que le taux d’examens fructueux s’est amélioré au fil du temps dans le mode routier. Toutefois, compte tenu des limites liées à l’analyse des données mentionnées à la page précédente, il est trop tôt pour conclure que cette augmentation est attribuable à la disponibilité accrue des données préalables transmises par voie électronique.

La capacité du CNC d’effectuer l’évaluation des risques et le ciblage dans le mode routier depuis la mise en œuvre du Manifeste électronique constitue un avantage pour l’Agence. Toutefois, en raison des facteurs soulignés précédemment, il faudra encore du temps pour évaluer pleinement l’ampleur de cette réussite.

En outre, il importera de comparer les résultats du CNC pour différents modes afin de comprendre en quoi la disponibilité des fonctions de TI dans les systèmes nouvellement développés influe sur les capacités d’exécution de l’Agence.

Le taux d’examens fructueux du CNC dans le mode routier par rapport aux volumes de données préalables transmises par voie électronique au fil du temps[9].

Figure 1 : Le taux d’examens fructueux du CNC dans le mode routier par rapport aux volumes de données préalables transmises par voie électronique au fil du temps

Figure 1 : Le taux d’examens fructueux du CNC dans le mode routier par rapport aux volumes de données préalables transmises par voie électronique au fil du temps
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Atteinte du résultat attendu 2 : Traitement plus rapide et efficace pour les échanges commerciaux

CONSTATATION 6 : Le Manifeste électronique contribue à un processus de première ligne plus rapide et efficace dans le secteur commercial pour le mode routier en réduisant le nombre de renvois au comptoir et en appuyant les recommandations de mainlevée.

Moins de renvois au comptoir dans le mode routier

Avant l’initiative du Manifeste électronique : Le fret commercial arrivant à la frontière était traité à la ligne d’inspection primaire (LIP) et une partie des expéditions était redirigée vers le comptoir afin de terminer leur traitement primaire. Cela était généralement attribuable au fait que certains points d’entrée ne pouvaient balayer que cinq codes du Système d’examen avant l’arrivée (SEA) à la LIP, ce qui faisait en sorte que des renvois au comptoir étaient effectués une fois cette limite atteinte.

À la suite de la mise en œuvre du Manifeste électronique : Le personnel de première ligne traite la majorité des expéditions commerciales directement à la LIP, avec en moyenne 9 % des expéditions faisant l’objet d’un renvoi au comptoir. Le tableau ci-dessous montre une diminution au fil du temps des moyens de transport routier faisant l’objet d’un renvoi de la LIP au comptoir. Cela a permis à l’Agence d’améliorer l’efficacité du processus, étant donné qu’un moins grand nombre de camions doivent faire la queue pour être traités au comptoir.

Table 6 : Pourcentage du nombre total de moyens de transport routier ayant fait l’objet d’un renvoi de la LIP au comptoir* par exercice
Exercice Pourcentage du nombre total de moyens de transport routier ayant fait l’objet d’un renvoi de la LIP au comptoir*
2018-19 13 %
2019-20 10 %
2020-21 8 %
2021-22 7 %
2022-23 8 %

*Compte pour les options de service SO976

Les répondants régionaux étaient généralement d’avis que la mise en œuvre du Manifeste électronique a contribué à l’efficacité du processus. De nombreux répondants ont souligné son rôle dans la simplification du dédouanement du fret, la réduction des temps d’attente à la frontière et l’amélioration de la gestion des procédures douanières grâce à un meilleur suivi.

Toutefois, quelques répondants ont également souligné certaines difficultés pour réaliser pleinement les gains d’efficience attendus. Par exemple, les répondants régionaux ont indiqué que le Manifeste électronique a entraîné une augmentation des erreurs dans la saisie des données par les PCC, ce qui a nécessité plus de temps de la part des agents de première ligne pour corriger celles-ci manuellement. Ils estiment également que le recours continu à l’ancien SSMAEC est inefficace.

Contribution aux recommandations de mainlevée

Entre 2018-19 et 2022-23, lorsqu’un importateur présentait une demande de mainlevée par voie électronique au moins une heure avant l’arrivée au point d’entrée, une recommandation de mainlevée était disponible à l’arrivée dans 99,4 % des cas. Il s’agit d’une autre façon dont le Manifeste électronique a permis de simplifier le traitement dans le secteur commercial pour le mode routier. Le Manifeste électronique fournit des données préalables à l’arrivée électroniques qui peuvent être analysées et utilisées pour formuler des recommandations de mainlevée avant l’arrivée d’une expédition au Canada[10].

Dans le cadre de l’évaluation, les responsables ont examiné quatre scénarios pour évaluer l’incidence potentielle du Manifeste électronique sur le temps et le nombre d’étapes nécessaires au traitement des marchandises commerciales dans le mode routier. Les scénarios présentés dans le tableau ci-dessous permettent d’estimer le temps total et le nombre d’étapes nécessaires au traitement des marchandises commerciales au moyen du Manifeste électronique et avant la mise en œuvre du Manifeste électronique (contrefactuel). Les estimations dans chaque scénario sont fondées sur l’expérience réelle du personnel de première ligne de la Region du Sud de l'Ontario (RSO) qui a travaillé au traitement dans le secteur commercial avant et après la mise en œuvre du Manifeste électronique[11].

Comme l’illustre le tableau ci-dessous, dans les trois scénarios où une mainlevée recommandée figure au dossier lorsque les moyens de transport arrivent à la frontière, le Manifeste électronique facilite la mainlevée des marchandises entrant au Canada en réduisant le nombre d’étapes et le temps nécessaires pour le traitement. Dans le quatrième scénario, où une mainlevée recommandée ne figure pas au dossier, le Manifeste électronique n’a eu aucune incidence sur le nombre d’étapes et le temps nécessaires pour le traitement.

Table 7 : Économies de temps après le Manifeste électronique par les Scénarios d’expéditions commerciales dans le mode routier
Scénarios d’expéditions commerciales dans le mode routier Avant le Manifeste électronique (contrefactuel) Après le Manifeste électronique Économies de temps après le Manifeste électronique
Nombre d’étapes *Temps Nombre d’étapes *Temps
1. Une mainlevée recommandée figure au dossier pour neuf expéditions non groupées 18 11 min 3 1 min 10,15 min
2. Six expéditions sont soumises dans le même fret, dont cinq ont une mainlevée recommandée au dossier et une n’a pas de mainlevée recommandée au dossier 16 20 min 2 2 min 17,45 min
3. Un fret groupé dans lequel une expédition est dédouanée au point d’arrivée (une mainlevée recommandée figure au dossier) et une autre est dédouanée plus tard à une destination intérieure 6 173,30 min 2 1 min 172,30 min (2,9 heures)
4. Une expédition arrive au Canada pour laquelle une mainlevée recommandée ne figure pas au dossier et est renvoyée à l’examen primaire (comptoir) 3 44 min 3 44 min Aucune économie de temps

*Les temps ont été fournis par le personnel de première ligne de la RSO en fonction de l’expérience opérationnelle et ceux-ci ont été vérifiés par l’Unité des programmes de contrôle des transporteurs et du fret de la DGSCEC.

Atteinte du résultat attendu 3 : Réduction du fardeau administratif pour les PCC

CONSTATATION 7 : Le Manifeste électronique a donné lieu à certains avantages pour les PCC ; toutefois, il faut plus de temps pour que l’avantage lié à la réduction du fardeau administratif soit pleinement réalisé.

Harmonisation des données avec les exigences internationales

En 2019, l’initiative du Manifeste électronique a permis d’harmoniser avec succès les exigences en matière de données de l’ASFC avec celles de l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et de l’US Customs and Border Protection (US CBP) des États-Unis. L’harmonisation des données a entraîné la réduction du fardeau administratif pour les PCC en leur permettant d’utiliser des processus et des systèmes électroniques déjà mis en œuvre pour se conformer aux exigences américaines.

L’avantage de la réduction du fardeau administratif pour les entreprises était orienté par la proposition de valeur visant à « harmoniser les exigences en matière de production de rapports sur les données et à minimiser les coûts pour les clients externes qui ont investi dans des systèmes conformes au projet ACE des États-Unis ». À la clôture du projet du Manifeste électronique (rapport sur la réalisation des avantages, point de contrôle 7, 2019), cette valeur a été jugée pleinement réalisée.

Contrefactuel : Si l’harmonisation des données n’avait pas eu lieu, les PCC devraient probablement fournir un ensemble de données pour les expéditions commerciales vers les États-Unis et un deuxième ensemble de données pour les expéditions vers le Canada.

Communication accrue avec les PCC

La communication s’est accrue en raison de la fonctionnalité du Manifeste électronique qui permet à l’Agence de fournir de façon proactive des mises à jour et de la rétroaction par voie électronique aux PCC à diverses étapes du processus du secteur commercial dans tous les modes.

En augmentant la communication proactive avec les PCC, la mise en œuvre du Manifeste électronique a permis de réduire le nombre de fois où les PCC doivent communiquer avec l’ASFC pour demander des mises à jour sur l’état, ce qui réduit davantage le temps nécessaire aux PCC pour assurer le suivi de leurs expéditions au sein du processus commercial de l’ASFC.

L’analyse du nombre d’avis électroniques transmis aux PCC au fil du temps montre qu’ils reçoivent de plus en plus d’avis proactifs de l’ASFC[12] :

Figure 2 : Nombre d’applications de l’EDI et d’avis électroniques au fil du temps

Figure 2 : Nombre d’applications de l’EDI et d’avis électroniques au fil du temps
Description de l'image

Répercussions sur les PCC pendant la période de transition

Le passage d’un processus commercial sur papier à un processus électronique et l’introduction de nouvelles exigences obligatoires en ce qui concerne la transmission de données commerciales préalables à l’arrivée ont nécessité au départ que les PCC s’adaptent au nouveau processus sur le plan administratif. En 2021, lorsque de nouvelles exigences dans le cadre du Manifeste électronique sont entrées en vigueur, le nombre d’appels effectués par les PCC au service d’assistance téléphonique centralisé de l’ASFC, accessible 24 heures sur 24, a augmenté de 200 % (consulter le tableau)[13].

Au cours de cette période de transition, l’ASFC a mis en œuvre des mesures temporaires pour alléger le fardeau des PCC, notamment en augmentant les activités de sensibilisation et d’éducation. Après 2021, le nombre d’appels au service d’assistance téléphonique de l’ASFC a diminué, ce qui donne à penser que les PCC ont besoin d’une aide moindre après la transition initiale.

Toutefois, il est important de noter qu’il n’y a pas suffisamment de données relatives au service d’assistance téléphonique disponibles pour le moment afin d’illustrer une tendance continue, et les données ne comprennent pas les appels des PCC directement aux régions.

Table 8 : Nombre de billets du service d’assistance téléphonique par année civile
Année civile Nombre de billets du service d’assistance téléphonique (PCC communiquant avec l’ASFC pour obtenir un soutien)
2020* 6 313
2021 18 960
2022 13 708
2023** 11 420

*Estimation fondée sur 4 735 appels reçus d’avril à décembre 2020

**Prévisions fondées sur les 5 710 appels reçus de janvier à juillet 2023

Limite : L’évaluation n’a pas permis d’interroger les PCC pour collecter leur point de vue quant à l’incidence de la mise en œuvre du Manifeste électronique sur leurs processus.

Atteinte du résultat attendu 4 : Avantages inattendus

CONSTATATION 8 : Le Manifeste électronique permet à l’Agence de recouvrer les pertes de revenus en officialisant le processus de suivi du fret afin d’assurer le paiement des droits et des taxes en souffrance.

Le terme « suivi du fret » désigne le processus de suivi et de vérification du mouvement des expéditions pour s’assurer que toutes les marchandises qui entrent au pays sont déclarées. Le suivi du fret permet de déterminer les droits et les taxes exigibles en ce qui concerne les marchandises dédouanées.

Le terme « pertes de revenus » désigne les droits et les taxes impayés en ce qui concerne des marchandises qui n’ont pas fait l’objet d’un suivi.

Un avantage inattendu de la mise en œuvre du Manifeste électronique est la réduction des pertes de revenus en ce qui concerne les expéditions commerciales en raison d’un suivi incomplet. Avant la mise en œuvre du Manifeste électronique, le fret était vérifié à son point d’entrée en examinant des échantillons des documents de contrôle du fret sur papier reçus. Les échantillons représentaient 10 % des expéditions aériennes de grande taille, 50 % des expéditions aériennes de petite taille et 20 % des autres expéditions.

L’introduction du Manifeste électronique a transformé le processus, puisque la disponibilité des données commerciales préalables à l’arrivée électroniques permet :

D'août 2020 à décembre 2023, l'ASFC a retracé en moyenne 2 122 déclarations en souffrance par mois pour s'assurer que les paiements étaient effectués. Les parties prenantes ont déclaré que le Manifeste électronique jouait un rôle crucial dans la récupération des revenus perdus provenant de ces comptes.

Remarque : L'évaluation ne disposait pas des données nécessaires pour quantifier la valeur des revenus récupérés pendant cette période.

CONCLUSION – Le Manifeste électronique continue d’être pertinent et utile pour l’Agence

Quelles sont les constatations de l’évaluation ?

Les constatations de cette évaluation soulignent l’importance de l’initiative du Manifeste électronique pour le processus commercial de l’ASFC. Dans le cadre de l’initiative du Manifeste électronique, l’Agence a apporté les modifications législatives et aux processus nécessaires à la numérisation du processus commercial. L’initiative a également donné lieu à l’élaboration d’une architecture de TI complexe, y compris la mise à niveau des systèmes dorsaux, l’élaboration de nouveaux systèmes destinés aux utilisateurs finaux et la production d’autres produits de TI qui ont permis l’évaluation des risques à l’aide de données commerciales préalables à l’arrivée électroniques. Ces changements donnent des résultats initiaux positifs.

La mise en œuvre du Manifeste électronique a comblé une lacune dans la fonctionnalité d’évaluation des risques dans le mode routier ; toutefois, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour continuer d’élaborer des fonctionnalités pour les modes aérien et maritime. Des lacunes similaires ont été constatées auparavant, mais elles n’ont pas été entièrement comblées. Bien que l’intention de mettre en œuvre ces fonctionnalités dans le cadre de la stabilisation du Manifeste électronique ait été évoquée au cours de l’évaluation, aucune date n’a été fixée pour ces mises à niveau. En l’absence d’engagement sur les délais à respecter pour combler les lacunes, les mises à niveau risquent de continuer à être retardées.

Le fait de continuer de compter sur d’anciens systèmes vieillissants, comme le SSMAEC et TITAN, n’est plus une option viable pour l’Agence en raison de leur inefficacité dans le traitement de volumes élevés de renseignements commerciaux électroniques. À l’heure actuelle, il n’existe aucune autre initiative active visant à combler ces lacunes. Par conséquent, le Manifeste électronique est la voie à suivre pour améliorer la capacité d’évaluation des risques de l’Agence dans tous les modes et faire progresser les priorités canadiennes en matière de sécurité.

Qu’est-ce qui doit changer ?

Les constatations appuient la nécessité de poursuivre les investissements stratégiques dans le Manifeste électronique afin de combler les lacunes existantes en matière de fonctionnalités de TI.

La mesure du rendement et des responsabilités claires sont également nécessaires pour assurer des résultats positifs dans tous les modes.

Annexe B : Notes de fin

  1. L’initiative du Manifeste électronique est une suite de l'IPEC et est parfois appelée phase III de l’IPEC par certains intervenants de l’Agence. L’initiative du Manifeste électronique a permis de tirer parti des travaux réalisés dans le cadre de l’initiative IPEC et d’officialiser l’exigence de déclaration dans tous les modes.
  2. Avant le Manifeste électronique, le traitement dans le mode routier était effectué avec des documents papier, mais le traitement dans le mode ferroviaire était effectué selon une ancienne norme de l’EDI. Le Manifeste électronique a permis d’harmoniser et de normaliser les éléments de données entre les modes.
  3. Sources : Aperçu de document : eManifest - Project Closure et Aperçu de document : Analysis of eManifest Backlog.docx (dce-eir.net) - documents internes disponibles en anglais uniquement
  4. Le Modèle analytique d’établissement des coûts est un outil utilisé par la DGFGO pour coder les dépenses en ce qui concerne les programmes. En 2022-23, la DGFGO a ajouté des fonctions du Manifeste électronique au Modèle analytique d’établissement des coûts afin de déterminer si le maintien de ces fonctions n’entraînerait pas d’écarts importants entre les dépenses prévues et les dépenses réelles. Puisque ces données sont limitées et expérimentales, les responsables de l’évaluation ont choisi de ne pas les utiliser pour l’analyse. En raison de la nature limitée et expérimentale de ces données, les responsables de l’évaluation ont choisi de ne pas les utiliser pour l’analyse.
  5. « Fermer le compte » signifie être capable d'indiquer les résultats de l'examen - examen fructueux ou non fructueux.
  6. TITAN continuera d’être soutenu, mais les intervenants du CNC ont fait part de leurs préoccupations constantes concernant la fonctionnalité des technologies de l’information pour soutenir l’évaluation des risques, notamment :
    • La possibilité de visualiser les connaissements internes dans TITAN au-delà de 2012.
    • Aucune mise à jour des indicateurs de risque du système dans TITAN (le CNC a cessé de mettre à jour les indicateurs de risque alors qu’il travaillait sur le Manifeste électronique).
    • La fonctionnalité d’examen et de décision par l’utilisateur, qui n’est que partiellement présente dans les nouveaux systèmes du mode ferroviaire.
    • La fonctionnalité d’examen et de décision par l’utilisateur pour le mode routier, qui est disponible mais qui n’est présentement testée qu’à trois points d’entrée.
    • Les capacités limitées en matière d’établissement de rapports.
  7. Même si la fonctionnalité d’examen et de décision par l’utilisateur est partiellement disponible dans les nouveaux systèmes du Manifeste électronique pour le mode ferroviaire, elle n’a pas encore été mise en œuvre. Un projet pilote à petite échelle a débuté le 5 février 2024. Les utilisateurs sont en mesure de consulter l’IPEC et de prendre des décisions d’orientation par l’intermédiaire du SCEM, mais il n’est pas possible de communiquer les décisions de renvoi ou d’annulation au CPSG et de fermer le compte.
  8. Par exemple, selon le CNC, le SCEM dans le mode routier ne permet pas de coder des indicateurs de risque particuliers ni d’établir des rapports exhaustifs.
  9. Les volumes commerciaux dans cette analyse font référence au total des Manifestes électroniques.
  10. Les demandes de mainlevée ne sont pas toutes présentées avant l’arrivée. Les intervenants (DGSCEC et CNC) ont indiqué qu’environ 20 % à 50 % des demandes de mainlevée sont présentées avant l’arrivée, selon le mode. Les demandes de mainlevée sont présentées par les importateurs et ne sont pas obligatoires avant l’arrivée en vertu de la loi, comme les exigences en matière de déclaration (présentées par les transporteurs et les agents d’expédition).
  11. Les scénarios illustrent des situations dans le mode routier au sein de la RSO seulement. Par conséquent, ils ne représentent pas le traitement commercial lié au Manifeste électronique dans tous les scénarios, emplacements, modes ou régions. Par exemple, s’il y a une erreur de saisie dans une soumission, cela retardera la mainlevée du fret. Ainsi, le temps consacré à certains scénarios peut varier de plusieurs minutes à plusieurs heures, voire à plusieurs jours. Cela dépend de la connaissance du transporteur et du type d’accès sur le portail tiers. Souvent, les transporteurs transmettent de la nouvelle IPEC ou de nouveaux documents sur le fret, ce qui fait en sorte que les documents originaux se retrouvent sur une liste de travail principale ou une liste de fret en retard, nécessitant des ressources supplémentaires pour les retracer. Cette situation peut requérir de multiples agents de services frontaliers (ASF) et ne survenait pas avant le Manifeste électronique.
  12. Les avis électroniques envoyés aux PCC comprennent maintenant les avis Arrivé, les avis Autorisé pour la livraison, les avis Retenu pour l’ASFC, les avis Complété, les avis Dégroupé, les avis Document pas au dossier, les avis Mainlevée et les avis Présenté.
  13. Ces données peuvent comprendre des billets du service d’assistance téléphonique pour d’autres applications comme l’Initiative du guichet unique (IGU) et ne portent pas exclusivement sur des problèmes liés au Manifeste électronique.

Annexe C : Renseignements supplémentaires au sujet du Manifeste électronique

Définitions et renseignements clés :

L’obligation pour les transporteurs de fournir l’IPEC à l’ASFC a été appliquée comme suit :

Table 9 : Information préalable sur les expéditions commerciales des transporteurs
Mode Maritime Aérien Routier Ferroviaire
Date d’imposition Avril 2004 Décembre 2005 Avril/mai 2015
Délais pour la soumission de l’information préalable à l’ASFC De 24 à 96 heures avant l’arrivée ou le chargement selon le type de marchandises et leur origine 4 heures avant l’arrivée si le vol dure moins de quatre heures 1 heure avant l’arrivée 2 heures avant l’arrivée

Agent d’expédition : Personne qui fait transporter des marchandises spécifiées par un ou plusieurs transporteurs pour le compte d’un ou de plusieurs propriétaires, importateurs, expéditeurs ou destinataires. Les agents d’expédition soumettent des connaissements internes.

L’obligation pour les agents d’expédition de fournir l’IPEC à l’ASFC a été appliquée comme suit :

Table 10 : Information préalable sur les expéditions commerciales des agents d’expédition
Mode Maritime Aérien Routier Ferroviare
Date d’imposition Décembre 2021
Exigence 24 heures avant le chargement ou l’arrivée, selon le type et l’origine des marchandises 4 heures avant l’arrivée ou au moment du départ si le vol dure moins de quatre heures 1 heure avant l’arrivée 2 heures avant l’arrivée
Table 11 : Fonctionnalités livrées et partiellement livrées des systèmes du Manifeste électronique et amélioration futures, par mode :
Mode / capacité Acquisition de données préalables à l’arrivée Entreposage de données Fonctionnalité d’établissement automatisé des risques Évaluation des risques par le CNC Examen et décisions par l’utilisateur (y compris les renvois) Capacités de rapports Diffusions à venir
Routier

Fonctionnalité disponible dans tous les modes. Les transporteurs, les agents d’expédition et les importateurs peuvent soumettre des données préalables à l’arrivée et sur la mainlevée au moyen de l’EDI et du portail.

La majorité de l’acquisition des données, comme la validation, est effectuée dans le SSMAEC et ne fait pas partie de la portée du Manifeste électronique.

Fonctionnalité disponible. Le stockage dans l’entrepôt de données d’entreprise, qui comprend des capacités d’analytique des données, est mis à profit par le CNC pour les solutions de rechange (p. ex. GRID).

L’entrepôt de données d’entreprise est actuellement rempli de données provenant de sources de données opérationnelles du Manifeste électronique, p. ex. GDESC, Établissement automatisé des risques et Gestion des données maîtres. Le SSMAEC et TITAN ne sont pas des applications du Manifeste électronique.

Fonctionnalités de nettoyage et normalisation des données, de création d’avis de surveillance, de création de règles de risque, d’élimination des faibles risques et de maintenance des métadonnées sur les risques disponibles pour les quatre modes. Fonctionnalité disponible par l’entremise du SCEM (actuellement mise à l’essai dans trois points d’entrée). Fonctionnalité disponible par l’entremise du SCEM et du CPSG. Une fonctionnalité pour fermer le compte en ajoutant les résultats d’examen (fructueux/non fructueux) est disponible par l’entremise du CPSG.

La diffusion comprendra des améliorations au SCEM, à la MJPER et au CPSG pour le mode routier. Le déploiement national de la fonctionnalité de renvois et la mise à l’essai de la fonctionnalité pour les examens sont prévus après la diffusion R2154.

La diffusion R2154 permettra également d’introduire la fonctionnalité de numérisation de l'acquisition de données commerciales (CDAD). La fonctionnalité est composée de deux nouveaux ensembles d’avis du Manifeste électronique pour tous les modes.

Les fonctionnalités faisant partie de la portée de la diffusion CX-02 à venir comprennent les suivantes :

  • modification du ciblage et des avis de surveillance
  • activation des règles de retenue et de dégroupement
  • saisie des documents papier pour le CPSG
  • modification du renvoi au traitement secondaire
  • ajout de remarques
  • examen d’expéditions fractionnées par les ASF du traitement secondaire
Aérien Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ; le CNC utilise toujours TITAN (ancien système). Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ou du CPSG ; des solutions de rechange ont été mises en œuvre par le CNC. Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ou du CPSG, mais des améliorations potentielles ont été relevées pour l’avenir – fonctionnalités comme la consignation du résultat, l’affichage de l’itinéraire, résultats de l’analyse des données, etc.
Maritime Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ; le CNC utilise toujours TITAN. Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ou du CPSG ; des solutions de rechange ont été mises en œuvre par le CNC. Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ou du CPSG, mais des améliorations potentielles ont été relevées pour l’avenir – fonctionnalités comme la consignation du résultat, l’affichage de l’itinéraire, résultats de l’analyse des données, etc.
Ferroviaire Fonctionnalité disponible par l’entremise du SCEM. Fonctionnalité disponible par l’entremise du SCEM et du CPSG. À l’heure actuelle, aucune fonctionnalité n’est disponible pour les décisions dans le mode ferroviaire. Fonctionnalité non disponible par l’entremise du SCEM ou du CPSG, mais des améliorations potentielles ont été relevées pour l’avenir – fonctionnalités comme la consignation du résultat, l’affichage de l’itinéraire, résultats de l’analyse des données, etc.

Point de vue de l’Unité du ciblage dans le mode routier du CNC et communication dans le cadre de l’évaluation sur les limites actuelles du SCEM dans le mode routier

Incapacité d’effectuer les recherches adéquates avec les paramètres disponibles : Les critères de recherche sont limités et souvent absents, ce qui empêche les agents de ciblage d’identifier les expéditions présentant des risques en fonction des préférences de recherche et de la combinaison d’éléments de données. Les agents de ciblage ne sont donc pas en mesure de bien analyser les expéditions entrantes. Les agents de ciblage disposent d’au moins une heure pour évaluer le fret routier du secteur commercial avant son arrivée, et tout retard dans la recherche des données entrave notre capacité de procéder à des examens complets avant l’arrivée.

« Pour atténuer ce problème, le CNC s’appuie en grande partie sur des produits automatisés produits par notre équipe d’analyse des données de ciblage pour fournir un résumé pour le mode routier, c.-à-d. un document Excel alimenté toutes les 15 minutes qui donne des informations sur l’IPEC du Manifeste électronique et la mainlevée pour chaque expédition commerciale du mode routier non arrivée qui est soumise à l’ASFC avec une date et une heure d’arrivée approximatives de -24 / + 5 heures par rapport à l’heure actuelle. Ce document Excel peut être filtré et trié selon des critères précis, des indicateurs de risque et les préférences de l’agent de ciblage, afin d’identifier les expéditions présentant un risque en vue d’une évaluation et d’un renvoi.

« Caractéristiques des rapports : Elles sont très élémentaires et ne contiennent pas les informations nécessaires pour établir des rapports sur le rendement et les statistiques de l’Unité. Les fonctions de supervision se limitent aussi à l’exécution de rapports concernant le rendement des agents de ciblage, notamment l’examen des ententes de gestion du rendement. On nous a dit plusieurs fois que le CNC avait été consulté au sujet des exigences en matière de rapports et que les fonctions de supervision du SCEM ont été conçues pour répondre à ces demandes antérieures et qu’elles ont été « conçues comme il se doit ». Bien que cela soit vrai, nos besoins en matière de rapports ont considérablement évolué depuis le moment où nous avons été consultés pour la première fois, et nos demandes d’amélioration des fonctions liées aux rapports continuent de se heurter à une certaine résistance. Pour que les rapports reflètent bien le rendement et l’efficacité de l’unité, il faut qu’ils comprennent les éléments suivants (en fonction des procédures manuelles actuelles d’établissement de rapports) :

Impossibilité de procéder à un renvoi au moyen de la Déclaration intégrée des importations (DII) : La fonction de renvoi du SCEM ne permet le renvoi qu’avec le numéro de contrôle du fret (NCF) ou le numéro de référence du moyen de transport (NRMT).

Les fonctions actuelles du SSMAEC permettent le renvoi avec n’importe quel document soumis (NCF, NRMT, DII ou connaissement internement électronique), mais le renvoi avec la DII n’est pas permis dans le SSMAEC. Les chargements groupés ou partiels doivent être renvoyés au moyen de la DII lorsqu’elle est disponible, à la demande des points d’entrée, car le renvoi à partir du NCF ajoute des étapes inutiles pour les ASF et retarde la mainlevée au PPA.

Outil de distribution (gestion de la charge de travail) ne répondant pas aux besoins organisationnels :

Manifeste électronique/soutien de la TI : Bien que nous ayons été informés que le soutien est assuré en tout temps, l’aide apportée en cas de problèmes techniques ou de pannes n’est pas toujours immédiate. En outre, des modifications/améliorations peuvent être demandées, mais le développement et la mise en œuvre nécessitent du codage, des essais et des versions de production, ce qui prend un temps considérable. Si un problème est constaté, les opérations de ciblage requièrent une résolution rapide pour assurer l’efficacité de l’Unité. À mesure que le risque évolue dans le secteur commercial, les indicateurs de risque élevé changent et il faut un moyen d’adapter et de peaufiner les indicateurs de risque codés pour identifier les expéditions à risque élevé en temps réel. D’après ce que nous comprenons, le SCEM ne sera pas en mesure de le faire.

IRC du plan de réalisation des avantages

Le plan de réalisation des avantages (PRA) présente les IRC suivants pour l’initiative du Manifeste électronique :

IRC pour lesquels l’Agence continue de produire des rapports :

IRC considérés comme étant « atteints » – la production de rapports connexes est achevée :

Annexe D : Méthodologie et limites de l’évaluation

Sources de données, données et limites

Sources de données (méthodes)

Plusieurs sources de données ont été utilisées dans le cadre de l’évaluation, notamment les suivantes :

Limites

Résultats attendus du Manifeste électronique évalués dans le cadre de l’évaluation et avantages du PRA

Le PRA pour l’initiative du Manifeste électronique a permis de cerner trois avantages attendus du Manifeste électronique à la clôture du projet (2018-19). Plutôt que d’élaborer un modèle logique (qui est habituellement utilisé pour évaluer les programmes), les responsables de l’évaluation ont modifié les énoncés originaux des avantages afin de les harmoniser avec le rôle actuel du Manifeste électronique en tant que composante fonctionnelle du programme commercial. L’harmonisation entre les énoncés des avantages de l’évaluation et ceux qui sont inclus dans le PRA du Manifeste électronique est la suivante :

Table 12 : PRA des avantages du Manifeste électronique
Énoncés des résultats dans l’évaluation Traitement de première ligne plus rapide et efficace pour les échanges commerciaux Amélioration de l’évaluation des risques Réduction du fardeau administratif pour les entreprises
Énoncés originaux des avantages à la clôture du projet (PRA) Intégrer les services frontaliers qui favorisent la réalisation des priorités en matière de sécurité nationale, tout en facilitant la libre circulation des voyageurs et des marchandises à faible risque. Permettre à l’ASFC d’accéder aux tendances historiques et en ce qui concerne la chaîne d’approvisionnement. Ces renseignements améliorent l’efficacité globale du programme d’évaluation des risques et tiennent compte des menaces à la santé, à la sûreté et à la sécurité nationale à la frontière. Le Manifeste électronique est conforme à l’orientation prise par d’autres pays pour utiliser des processus électroniques compatibles fondés sur des renseignements commerciaux préalables à l’arrivée électroniques. Les données requises dans le cadre du Manifeste électronique sont harmonisées dans la mesure du possible avec le programme de l’OMD et le programme Automated Commercial Environment (ACE, équivalent du Manifeste électronique de l’US CBP afin de réduire le fardeau administratif pour les entreprises).

Annexe E : Acronymes

ACE
Automated Commercial Environment (environnement commercial automatisé)
AC
Administration centrale
ASF
Agent des services frontaliers
ASFC
Agence des services frontaliers du Canada
BPR
Bureau de première responsabilité
CDAD
Numérisation de l'acquisition de données commerciales
CECP
Plate-forme électronique des douanes
CMRE
Comité de mesure du rendement et d'évaluation
CNC
Centre national de ciblage
CPSG
Système Passage commercial
CT
Conseil du Trésor
DGFGO
Direction générale des finances et de la gestion organisationnelle
DGIST
Direction générale de l’information, des sciences et de la technologie
DGREL
Direction générale du renseignement et de l'exécution de la loi
DGSCEC
Direction générale du secteur commercial et des échanges commerciaux
DPC
Direction des programmes commerciaux
EDI
Échange de données informatisé
EXCC
Application de communications pour les clients externes
GDESC
Gestion des documents et des entités du secteur commercial
IGU
Initiative du guichet unique
IPEC
Information préalable sur les expéditions commerciales
IRC
Indicateurs de rendement clés
IVD
Interrogation et visionneuse de données
LIP
Ligne d’inspection primaire
MGF
Le modèle de gestion fonctionnelle
MJPER
Mise à jour du programme de l’évaluation des risques
OMD
Organisation mondiale des douanes
PACE
Système du Profil des avis pour les clients externes
PCC
Partenaire de la chaîne commerciale
PDE
Point d’entrée
PPA
Premier point d’arrivée
PRA
Plan de réalisation des avantages
RSO
Région du Sud de l’Ontario
SAP
Sanctions administratives pécuniaires
SCEM
Système commercial d’évaluation des menaces
SEA
Système d'examen avant l'arrivée
SIED
Système intégré d'exécution des douanes
SSMAEC
Système de soutien de la mainlevée accélérée des expéditions commerciales
TITAN
Système d’analyse et de ciblage d’information tactique et de signalement
US CBP
The United States Customs and Border Protection

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