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2004

PAR TÉLÉCOPIEUR

Le 23 avril 2004

Rédacteur en chef
Blue Line Magazine
12A-4981 Hwy 7 East, Suite 254
Markham (Ontario)
L3R 1N1
Canada

Je vous écris en réaction à l'article de Morley Lymburner, intitulé U.S. and Canadian officers are to be congratulated, paru dans votre magazine. Cet article contient certaines inexactitudes que je me dois de corriger.

Le 18 février 2004, trois voitures de police américaines ont franchi la frontière par le poste frontalier du pont Rainbow, et ce, sans en avoir informé le bureau d'entrée canadien à l'avance et sans s'y arrêter. Les policiers américains poursuivaient un individu recherché pour plusieurs incidents de nature criminelle aux États-Unis. L'individu a été intercepté et arrêté par un policier canadien de façon très courageuse, comme vous le signalez dans votre article. Toutefois, permettez-moi de préciser que ces policiers américains ont enfreint les lois canadiennes, car ils ont poursuivi l' individu au Canada sans en informer le bureau d'entrée canadien et sans s'y arrêter. Ils ont, ce faisant, mis en danger les voyageurs et les agents qui se trouvaient au poste frontalier le soir de l'incident.

L'Agence des services frontaliers du Canada prend très au sérieux ses responsabilités en matière d'exécution de la loi et s'emploie à empêcher l'entrée illégale de personnes et de marchandises au Canada. Nous sommes donc très troublés par certains commentaires de M. Lymburner, qui affirme que nous ne faisons rien pour empêcher des criminels dangereux de blesser des Canadiens depuis les attentats du 11 septembre 2001, et que notre devise non officielle est d'empocher l'argent et de laisser les Américains s'occuper des terroristes.

Cela est absolument faux. Les attentats du 11 septembre nous ont rappelés à quel point la frontière que nous partageons avec les États-Unis est importante sur le plan de la sécurité et de l'économie de nos deux pays. C'est pourquoi l'ASFC a renforcé ses partenariats avec les États-Unis et a participé à l'instauration de programmes et de technologies visant à renforcer la sécurité à la frontière. Nos deux pays collaborent étroitement afin d'améliorer les programmes en place et de trouver les meilleures solutions possibles, y compris la collaboration entre les organismes d'application de la loi américains et canadiens, pour que notre frontière commune soit étanche.

Nous contestons aussi les propos de M. Lymburner, lorsqu'il affirme que nous ne songeons qu'à l'argent et que notre autorité se limite à percevoir les droits de péage sur le pont. Nos principales activités comprennent notamment ce qui suit : faire respecter les lois canadiennes afin de d'empêcher les marchandises, la contrebande et les personnes dangereuses et illégales d'entrer au Canada; protéger les Canadiens et l'environnement contre les produits prohibés, dangereux et toxiques; gérer le risque à la frontière en facilitant la circulation des marchandises et des personnes à faible risque, tout en ciblant les marchandises et les personnes à risque élevé; et veiller à l'exactitude des données commerciales afin de protéger l'économie canadienne.

L'ASFC compte environ 10 000 employés dévoués, dont quelque 4 000 agents en uniforme postés à 522 points frontaliers et chargés de à protéger les Canadiens. Chaque année, ces agents renvoient environ 2,5 millions de personnes à l'inspection secondaire; 44 000 d'entre elles se voient refuser l'entrée au Canada, et 41 000 autres sont jugées inadmissibles. Chaque année, l'ASFC renvoie environ 8 000 personnes inadmissibles du Canada. Au cours de l'exercice 2003-2004 seulement, l'ASFC a fait 10 088 saisies de drogue, ce qui a permis de retirer du marché des stupéfiants évalués à plus de 408 millions de dollars. Nos agents ont confisqué 17 801 armes et saisi 1 999 pièces de matériel obscène. De plus, grâce aux efforts de nos employés, environ 100 enfants disparus ont été retrouvés et rendus à leurs familles.

En mai 1998, la Loi sur les douanes et le Code criminel ont été modifiés afin de donner à certains agents des douanes le pouvoir d'arrêter et de détenir des personnes soupçonnées d'avoir commis ou d'être en train d'en commettre une infraction au Code criminel. Ces nouveaux pouvoirs visaient à combler une lacune dans l'application de la loi, qui limitait auparavant la capacité d'intervention des agents des douanes lors d'une infraction au Code criminel, par exemple lors de la conduite avec des facultés affaiblies, d'enlèvement d'enfants, de possession d'articles volés et de l'exécution de mandats d'arrestation en suspens. Depuis qu'ils ont ces pouvoirs, nos agents ont été bien formés et sont intervenus dans plus de 11 600 infractions au Code criminel.

En terminant, permettez-moi d'ajouter que les agents de nos bureaux d'entrée canadiens jouent plusieurs rôles. De plus, ils contribuent chaque jour à la sécurité et à la prospérité des Canadiens. Les qualifier de simples « percepteurs de droits de péage » est non seulement inexact, mais également insultant.

Veuillez agréer l'expression de mes meilleurs sentiments.

Le président,

Alain Jolicoeur